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Pas mal d’Mc vont hurler en se sentant visés par les lyrics d’EXP ! Qu’à cela ne tienne, ce touche à tout (rappeur, chanteur, comédien, réalisateur, etc) clash à tout va, analysant le rap et ses dérives. Après un passage réussi sur la scène de l’Original 2013, il compte bien continuer à gagner de plus en plus d’auditeurs avec son prochain album Soldat(s) Inconnu(s), véritable pamphlet sur le hip-hop et ses déviances.

Expérimental est un artiste que l’on connait bien chez 69 Flow :

http://www.69flow.fr/2012/08/05/interview-dexperimental-par-69-flow/
http://www.69flow.fr/2013/01/27/un-article-de-69-flow-est-publie-dans-le-nouveau-fat-mag/
http://www.69flow.fr/2013/01/18/le-classement-hip-hop-2012-de-69-flow/
http://www.69flow.fr/page/2/?s=experimental


Rappeur, compositeur, chanteur, performer ou réalisateur, EXPérimental est avant tout un artiste. Qu’il soit derrière sa MPC, un micro ou devant une caméra, c’est avec sincérité qu’il aime se livrer. Il a choisi de ne pas faire de marketing autour de sa musique, quitte à rester dans l’ombre du grand public. Interview.

C’est l’un des rappeurs les plus complets et les plus talentueux à Lyon. La trentaine dépassée et une décennie de rap au compteur, Hassan Guaid, connu dans le milieu du rap comme EXPérimental, nous parle de son actualité : trois albums, dont deux de rap et un de chanson française.

C’est le résultat de trois ans de travail. Au printemps 2012 est sorti le deuxième opus de sa trilogie : Armes légales volume 2. Composé et mixé par lui-même, Igoom, First, Jamaye et Dj Yep, ce disque atypique alliage de poésie, d’émotion et de politique est parfois trash, parfois plus léger et pourrait en dérouter plus d’un ! D’autant que le rappeur n’hésite pas à s’attaquer à sa ville, Lyon. « J’aime le côté rugueux, énergique et pas sympa du rap. Ca me plait de mettre des petites claques ! », s’amuse EXP, car bien qu’ayant trouvé sa maturité artistique, il n’en reste pas moins facétieux.

Toujours fin dans ses textes, il ne fait pas de chansons à thèmes, sur l’amour, ou sur la mort. Il préfère raisonner de façon « moins scolaire » : « J’écris plutôt des thèmes dans le thème. Je cherche des axes, des angles. J’ai aussi beaucoup d’exigences : j’ai besoin que ce soit inscrit dans une réalité sociale, que ça touche un maximum de monde et que ça me ressemble. »

Un autre disque va sortir en parallèle : Soldat inconnu, qui sera disponible gratuitement sur internet à l’automne. Produit dans un temps très court, c’est l’occasion pour EXPérimental de livrer une  « performance », une sorte d’instantanné. Cet album sera donc gratuit, mais l’auteur l’assure, il sera aussi de qualité : « Je veux que si les gens écoutent le disque dans 5 ou 10 ans, ils le trouvent encore  bon ».

Il a travaillé avec ses beatmakers habituels First et Igoom ainsi qu’avec de jeunes rappeurs  lyonnais de 16/17 « qui mettent à l’amende pas mal de monde », selon Hassan. « Ils ont des textes à raconter et gros souci d’esthétique. Ils sont plus dans une recherche de thèmes, de thèses, que de punchlines, qui ne sont qu’une sorte de suite d’effets spéciaux. »

Rap français

Trentenaire, EXPérimental a beaucoup de références dans le rap français, dont Fabe, Rocé, La Scred Connexion, La Cliqua, Dajoal, Fayçal, VII, Joke ou Booba. « Booba a des textes très forts et des effets stylistiques de malade. Il joue à fond son personnage. Après, je m’en fous de savoir si il a vraiment vécu cette vie, tant qu’il est vrai dans son interprétation. C’est très américain comme démarche : on ne le juge pas sur son CV mais sur un feeling. On est moins dans un esprit de corporation. »

Rester vrai dans son interprétation et faire de la qualité, ce sont donc un peu les leitmotive de ce croix-roussien. Son ambition : durer, trouver de la reconnaissance sur le long terme, tout en s’inscrivant dans le patrimoine culturel français et dans le mouvement hip-hop.

« Il y a peu de rappeurs qui marqueront leur époque. Donc il y a énormément de place dans le rap français pour faire de la qualité. C’est représentatif de la France et de son respect pour l’héritage culturel. Aux Etats-Unis, on sait que le rap vient d’une culture, du blues et du rock. Mais en France, on ne se demande pas d’où vient cette musique. Mais pour faire un bon album, il faut savoir ce qui a été fait avant toi. »

Comme nous le verrons plus bas, Hassan possède l’expérience d’une vision transversale et des points de comparaisons entre le rap et les autres arts, ou genres musicaux. Et il déplore que « Le rap est toujours une musique très stigmatisée. On demande encore aux rappeurs de se justifier si ils gagnent de l’argent. On n’est toujours pas reconnus comme des artistes. » « Les organisateurs de concerts estiment que c’est facile, qu’on écrit en 5 minutes. On n’a pas le même traitement que les autres genres musicaux. »

Au niveau du public aussi, le hip-hop (qui est entré en France depuis plus de trente ans) ne jouit toujours pas du même statut que le reste de la musique : « Le rap renvoie automatiquement à une certaine agressivité. J’ai plein d’amis qui préfèrent mon projet de chanson française à cause de ça. »

Rap lyonnais

Deuxième métropole de France derrière Paris, Lyon n’a pourtant jamais eu de rappeur reconnu sur la scène nationale. Un problème dû à la ville elle-même et à son conservatisme. Pour lui, « Il n’y a pas de scène lyonnaise. Une scène, c’est quoi ? Si c’est la solidarité, c’est non. Tout le monde se tire la bourre, chacun reste dans son coin. Les rappeurs viennent aux concerts avec leur meuf et ils restent collés à elles pour qu’on ne les leur pique pas ! Je ne me considère pas comme un rappeur lyonnais. Je ne suis pas subventionné par la ville et elle ne se bouge pas pour moi ! Je n’ai pas choisi d’être ici et je reste pour la famille. Je fais du rap pour les francophones. Lyon est une ville complexée, conservatrice, qui a peur. Il ne faut pas bouleverser les habitudes. Les gens qui avancent partent dans d’autres villes. L’électro ça marche ici parce que c’est plus hype. Mais il n’y a pas de label de rap, pas de patte lyonnaise. »

« Il y a eu de bons rappeurs à Lyon. IPM, La Médina, Casus Belli ou l’Elite. Mais ils ont arrêté. Ils ont surement été déçus dans leurs ambitions. Peu de rappeurs tiennent sur la longueur. Ils sont rattrapés par la vie. Mais moi j’essaie de m’inscrire dans une œuvre, d’être intemporel. Mon parti pris, c’est que quand on n’est pas très connu, on défonce tout et on espère de la reconnaissance avec le temps. J’ai commencé tôt, donc j’ai ralenti les scènes pour me préserver et ne pas me dégouter. »

Une vision très critique du rap lyonnais, qui ne l’empêche d’apprécier un groupe : « La Ming8 Halls Starf a une bonne énergie sur scène. Mais il n’y a pas vraiment de rappeurs dont je me sente proche. Ma clique est plutôt à Bordeaux. »

Réussir au niveau national

Alors comment réussir dans une ville où tous les rappeurs de talent ont abandonné ? Pour EXP, la réussite doit avant tout être artistique : « Moi je ne veux pas juste faire de la phase. Je peux mettre trois mois à écrire un texte. Il peut sortir dans trois ou quatre ans, ce qui compte c’est que je n’en regrette aucun. Je ne fais pas du rap de boîte de nuit ou du rap de banlieue, donc effectivement je me bloque certaines débouchées. »

A contre courant du rap français, il l’est aussi dans sa communication : « Le buzz, il n’y a rien de plus éphémère. Même des disques d’or sont passés à la trappe ! Ce qui buzz, c’est de la com’. Moi je ne fais pas ça, je ne calcule pas. Je pourrais demander des gamins en amis sur Facebook, pour qu’ils se sentent valorisés. Mais ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas être écouté à n’importe quel prix. »

Le projet de chanson française

Il n’en est pas à un paradoxe prêt. Rappeur musulman, Hassan Guaid s’est lancé dans la chanson française. « Je me suis vite rendu compte que le public du rap, c’est les 10/20 ans. J’avais envie de toucher un public plus vieux, de mon âge, et de bosser avec des musiciens.

Ca me stimule, c’est une autre manière d’aborder la musique. Il y a beaucoup moins de texte que dans le rap. C’est un disque générationnel. Je parle de la peur de l’engagement, de Facebook, du rap, du skate, des fils de soixantuitards, des immigrés, des femmes cougars, etc. C’est de la chanson réaliste, qui décrit son époque. »

Pourra-t-on voir un projet réunissant un jour toutes les facettes d’Hassan Guaid et d’EXPérimental ? Il va falloir attendre que le public et les « autorités artistiques » mûrissent un peu : « La France est un pays corporatiste. J’ai dû donc dissocier le projet chanson et le projet rap. Je préfèrerais faire un projet hybride chanson et rap, mais ce serait moins bien identifié et les programmateurs n’en voudraient pas. »

Sylvain Ortega

Vidéo : Sylvain Ortega et Vincent Delesvaux
Photos : Vincent Delesvaux http://www.vincentdelesvaux.com/Accueil.html

Liens
Une interview Free-Landz http://www.free-landz.fr/arts-a-lyon/experimental#more-140
Le site d’EXPérimental : http://www.experimental.biz/

Psykott, Freezko, Plasma et Alyé

En partenariat avec 69 Flow, l’émission Art’ère (radio Canut 102.2) organise une série d’émissions sur le thème du beatmaking. (Lire la suite…)

Ils composent les beats

En partenariat avec 69 Flow, l’émission Art’ère (radio Canut 102.2) organise une série d’émissions sur le thème du beatmaking. (Lire la suite…)

Les grands médias lyonnais restent fermés aux artistes hip-hop

Bientôt les fêtes de fin d’année. C’est donc le moment d’apporter un premier bilan de l’année 2011 pour 69 Flow. Et malheureusement celui-ci ne sera pas positif : nous n’avons pas réussi a faire publier nos articles hip-hop dans les grands médias lyonnais.

Nous proposons régulièrement aux journaux locaux des articles sur les artistes hip-hop de la région lyonnaise. Nous n’avons jamais eu de réponse de la part du Progrès, de Lyon Capitale, de Tribune de Lyon ou de Rue89Lyon. Nous voyons très rarement des articles sur le rap lyonnais, et quand les médias en parlent, c’est souvent pour parler de rap de centre-ville, ou lors d’évènements incontournables, comme l’Original Festival… Nous en concluons donc qu’ils boycottent clairement le mouvement. Pourquoi ? Est-ce un problème sociologique (les rappeurs sont-ils trop pauvres pour intéresser les annonceurs qui financent les médias) ? Ethnique (trop basanés par rapport au lectorat des ces journaux) ? Géographique (trop loin du centre-ville) ? 69 Flow s’est déjà fait son avis sur la question.

Comment motiver les artistes si la presse ne suit pas ?

Par exemple, le numéro 305 de Tribune de Lyon (sorti le jeudi 13 novembre, voir ici) comportait un dossier titré : Les nouvelles stars de la culture. Nous sommes allé l’acheter. Mais que nous proposent les journalistes de l’hebdomadaire bobo lyonnais ? Rien. Aucun rappeur, ni même producteur lyonnais n’est présent. On y trouve du rock, de la variété, de la pop…

Romain Lateltin, les Enculettes, Abrybuss, Ronan Siri, Buridane, The Purple Lords et Xavier Machault & Roberto Negro, cités dans le magazine,  ont-ils plus de talent que Libre Penseur, la M8HS, Expérimental, Oster Lapwass, etc ?

Comment continuer à motiver les artistes hip-hop lyonnais avec si peu de suivi médiatique ? 69 Flow avait pour but notamment cela : permettre une remontée des actualités vers ce type de médias, qui possèdent une écoute bien plus large et un public bien plus diversifié que celui de 69 FLow, toujours plus nombreux mais encore trop réduit et spécialisé .

Rdv en 2012

Pour le moment, nous devons reconnaître un échec total dans notre tentative de transmission de la culture hip-hop lyonnaise vers le grand public… En espérant qu’en 2012 notre initiative portera enfin ses fruits.

La rédaction

Liens : http://www.tribunedelyon.fr/index.php?agenda/culture//29528-les-nouvelles-stars-de-la-culture-lyonnaise

Le rap coule dans ses Artères

El-Bingo, co-présentateur avec Narco de l’émission de rap Artère Canut, tous les vendredi soirs sur radio Canut 102.2, de 22H à 23H ! Interview vidéo + freestyles ! (Lire la suite…)

Le « Chanteur de rap »

Lyon/Croix-Rousse

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