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Portrait : Jihène Charrad, blogueuse franco-tunisienne

copyright photo Lounès Idir

Blogueuse passionnée de hip-hop Jihène Charrad nous explique son parcours. Portrait.

Jihène, 25 ans, est née à Tunis, dans sa « terre mère », la Tunisie. Elle grandit à Lyon, plus précisément à St Priest, près de l’hôtel de ville. Passionnée depuis l’enfance par la culture hip-hop, elle participe aujourd’hui au site Cosmic hip-hop.com et nourrit de nombreux projets.

Jihène est une fille de la mondialisation. Elle ne craint pas la culture globale et a su tirer profit de ses origines et sa nationalité française. Cette dernière lui a permis de partir facilement étudier en Chine : « J’ai fait mon lycée à Shangaï. Ca m’a ouverte et a changé ma vision du monde », déclare la jeune blogueuse. Là-bas, elle s’est politisée a pris conscience de l’importance des droits de l’homme et de la liberté.

Être bien dans le monde de 2013 ne signifie pas pour autant oublier d’où l’on vient. Jihène se dit donc « très attachée à Lyon, à sa culture, à l’accent ». Ses origines sont également au-delà de la Méditerranée, à Tunis, où elle est née et est retournée afin d’étudier dans la fac de droit française. Elle commence à cette époque à participer au journal de la fac et à différentes revues indépendantes « faites par des potes », en tant que rédactrice littéraire. Dans des blogs, elle se spécialise dans la rédaction d’articles d’art. Mais « il y avait encore Ben Ali au pouvoir », raconte-elle. « Il y avait une barrière pour faire des interviews. On me répétait souvent : « Pourquoi poser ces questions ? Tu vas t’attirer des problèmes… » »

Sa licence de droit en poche, elle décide de rentrer en France. Ici, elle créé son propre blog qui sera censuré, puis supprimé : elle critique le non respect des droits de l’Homme et le non respect de la législation tunisienne, ainsi que la mentalité des tunisiens où chacun « ne pense qu’à sa pomme », et où « les filles ne pensent qu’à se marier pour être tranquilles » et les garçon qu’à « se faire du biff ». « Mais ils ne pensent pas à la liberté d’expression, à la liberté de circulation, à la liberté de dire non », s’indigne la jeune franco-tunisienne.

Constatant que « les gens lisent peu l’écrit », elle met à profit ses talents de dessinatrice et lance un blog de caricaturiste : Les critiques illustrées de Jihène Charad. Repérée dans son pays de cœur, elle participe à un collectif de bdéistes tunisiens. Elle raconte : « En 2012, on a sorti une bd autoproduite critique contre le gouvernement. Il y avait très peu de BD en Tunisie. On a donc eu beaucoup de succès, comme on a peu s’en apercevoir lors des séances de dédicaces. » Siné mensuel leur consacre même un édito et la presse tunisienne parle d’eux dans ses colonnes.

Motivée par cette réussite, elle revient en Tunisie fin 2011 et travaille dans la communication, tout en continuant son activité de blogueuse : « je partageais ce qui m’inspirait » : la musique hip-hop, la vidéo, la mode et le buzz, en bonne communicante.

Ses talents d’écriture sont reconnus et elle se voit confiée de nombreux articles :« J’ai travaillé pour différents magazines comme Spot Mag, en tant que reporter, explique Jihène, afin de réaliser des interviews d’artistes pour les rubriques culture et lifestyle ». Sa Elle décroche une chronique dans Femme de Tunisie (l’équivalent de Elle) où elle raconte la vie d’une jeune fille d’une célibataire à Tunis : « C’est la chronique d’une femme libérée qui parle de tout, même de sexe ! C’est un sujet assez tabou dans une société musulmane. Mais les retours que j’ai eu, c’est que mes chroniques amenaient quelque chose d’assez frais et d’assez vrai », clame-t-elle fièrement.

Elle revient de nouveau en France, à Saint Priest. Elle démarche le site Cosmic hip-hop.com et compte bien s’y faire sa place. Elle réussit le test d’entrée et intègre l’équipe de ce site de passionnés de hip-hop, en ligne depuis 2008. Chaque jour, elle propose aux internautes un son que lui a inspiré l’écoute de radio Génération ou ses multiples sources d’information culturelle. Quand elle parle de hip-hop, ses yeux de passionnée pétillent et son débit s’accélère :
« J’ai grandi dans un quartier de St Priest. Depuis le collège je traîne avec les petites « cailleras » de mon quartier et on écoute du Pass Pass et du rap de la ville : IPM, ou Casus Beli. C’est le rap qui m’a amené à tout. C’est grâce au rap que j’ai commencé à lire des livres plus intellectuels et littéraires, comme Samuel Huntington et son « choc des civilisations ». Dans le rap, les paroles me touchent, comme le travail d’écriture, les rimes riches, les assonances… Ca m’a poussé à faire des recherches sur l’écriture et à lire du Molière, du théâtre grec, etc. Et avec Kény Arkana ou NTM, mon engagement politique a pris corps. Le rap m’a enfin également amené vers la mode. »

Elle avoue aujourd’hui ne pas connaître énormément de rappeurs lyonnais. Pour elle, à Lyon on a un « excellent public, mais pas d’artistes assez connus, à part l’Animalerie », analyse-t-elle. « Leur démarche est authentique. C’est une bande de pote qui s’entraide. Ça me parle ». « J’aimerais voir sur la scène locale plus de rappeurs lyonnais ! », poursuit-elle. « Il faut leur donner l’occasion de se montrer sur scène. Y a-t-il assez d’infrastructures à Lyon ? Les rappeurs n’osent pas assez se mettre en avant ? » s’interroge-t-elle. Le problème viendrait aussi d’un manque de soutient à l’égard de la ville de Lyon : « Quand ils ont du succès, les rappeurs montent toujours à Paris. Mais être à Paris, ça n’empêche pas de « revendiquer » Lyon. Ça pourrait mettre de la lumière sur la ville !»

Wu Tang, I am, NTM, Lunatic, La Caution… Avec des goûts classiques, cette fervente fidèle de l’esprit de la Zoulou Nation assure suivre ce « Mode de vie qui [lui] plaît », soit canaliser la violence et l’agressivité via la créativité.

Tournée également vers la nouvelle scène : Deen Burbigo, Némir, Guizmo, 1995, Médine, Kery James, cette jeune femme à l’esprit authentique nourrit de nombreux « projets lifestyle et hip-hop à Lyon. » N’hésitez donc pas à la contacter. Elle sait rayonner et faire rayonner ceux qu’elle aime.

Sylvain

Liens :

henecharrad.posterous.com

Vax1 – Enta Da Cypher feat Robse, Keblux, Mubai, Smok, Barbiok, Double A, Boka Loca, Anton Serra

Track #10 extrait de l’album de Vax1 « Dans mes veines » dispo le 4 février 2013 !!
Emcees: Robse, Keblux, Mubai, Smok, Barbiok, Double A, Boka Loca, Vax1, Anton Serra
Prod: Vax1
Vidéo: AxionKrew

Liens :

www.megafaune.eu
http://lamicrofaune.bandcamp.com/
http://doublevax.bandcamp.com/
http://soundcloud.com/vaxin

clip : http://www.facebook.com/AxionKrew

Ming8 Halls Starf (Clip) – Catalans du Mic [ L'Embarquement ]

1er extrait du Nouvel EP de la Ming8 Halls Starf : « L’Embarquement » [Sortie Mars 2013]

Liens :
https://www.facebook.com/ming8hallsstarf?fref=ts

https://twitter.com/Ming8HallsStarf

Underground Business#5, sous les pavés, le rap

Les électrons libres de l’Animalerie, collectif d’artistes hip hop lyonnais, étaient sur la scène du Blog Café ce samedi 24 novembre. (Lire la suite…)

Les Revenants sur Artère



Une émission spéciale Les Revenants sur Artère !

Jack Herer, Carloco & Midnight étaient le vendredi 28 septembre dans Artère, l’émission de hip-hop @ Lyon sur les ondes de Radio Canut (102.2), à partir de 22H. Interview, freestyle et présentation de leur nouveau projet Mission Apollo étaient au programme.

L’émission a commencé par une interview sur les thèmes qu’abordent Les Revenants dans leurs textes : l’amour, dénoncer les manipulations des « élites » et expliquer leurs textes conscients, raconter leur vécu et leur quotidien, ou encore parler de leur marginalité en tant qu’artiste hip-hop.

Une nouveauté cette année dans Artère, la chronique de la slameuse La Meuf qu’on n’appelle pas (à écouter à partir de la 52ème minute).

La Chronique T’Amer de La Meuf qu’on n’appelle pas

Après cette chronique, place aux freestyles, avec cette semaine des invités surprise : K.I.B, Foxstyle (Tha Snakes crew), Roce et Coka Bazooka à la prod’!

Le nouveau clip des Revenants FMR :

Les photos de l’émission sont sur Facebook.

Liens :
http://les-revenants.bandcamp.com/album/les-revenants-x-apollo-brown-mission-apollo

http://soundcloud.com/les-revenants

Ils sont déjà passés sur 69 FLow :

http://www.69flow.fr/2012/09/18/teaser-mission-apollo/

http://www.69flow.fr/2012/01/20/les-revenants-interview/

http://www.69flow.fr/2011/05/14/midnight-interview/

En provenant des bas fonds – 1er clip signé 69 Flow

Hip-hop conscient lyonnais

Le Nouveau street clip de Narco, 1er clip réalisé par l’équipe de 69 FLow ! (Lire la suite…)

Street Connexion : interview et freestyle

Street Connexion

Le teaser avant l’interview et le freestyle des rappeurs de Cusset (Villeurbanne).

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Libre-penseur (arrête le rap)

Libre Penseur : après les teasers, l’interview 69 Flow

Libre penseur fait une pause dans le rap. Pour créer le buzz autour de cette interview, nous lui avons proposé un concept totalement déjanté : une série de teasers dans lesquels il interprète différents rôles, plus ou moins  réalistes. Désolé pour ceux qui y ont cru… Non, il n’y aura pas d’ouverture de Libre Tandoori ! (Lire la suite…)

Les Revenants: interview

Le hip-hop comme style de vie

Midnight le Négropolitain, Carloco et Jack Herer, trois styles différents pour le même prix ! (Lire la suite…)

Sefyu : interview

Sefyu, faux dilettante, vrai bosseur

Mercredi 7 décembre, c’est un Sefyu détendu qui descend à la rencontre des journalistes de Free-Landz et 69Flow. L’artiste est de passage à Lyon avant son apparition sur la scène stéphanoise pour le tremplin Buzzbooster Rhône-Alpes.

Après des brèves présentations le rappeur parisien qui a effleuré une carrière de footballeur professionnel après être passé par le centre de formation d’Arsenal, a pris place autour de la table pour répondre aux questions préparées par les deux journalistes dans un hôtel de la banlieue lyonnaise. Ambiance.

C’est dans la bonne humeur que les premières questions fusent, centrées bien évidemment sur la musique et notamment sur le rap lyonnais. Après avoir fait le tour des quelques rappeurs lyonnais qui existent et de leur place dans le rap français, l’artiste parle d’une France du rap scindée en deux, entre le rap parisien d’un côté et le rap marseillais de l’autre. Le ton devenant de plus en plus sérieux, le disque d’or se démarque des rappeurs d’aujourd’hui qui sont plus attirés par l’argent que par le texte. Lui, ayant fait de la batterie depuis tout petit se pose calmement et explique que la passion est essentielle, qu’elle est son guide. Quand on lui demande quelle est la recette pour être disque d’or dans le rap, il pose sa voix et annonce clairement qu’il n’y a pas de miracle, seul le travail paye.
Travail et passion voilà son leitmotiv.

Étant éducateur dans sa cité et œuvrant pour les jeunes, la thématique arrive sur le tapis, pas de crispation, il apporte son regard éclairé sur la situation des jeunes, la surcharge de travail scolaire qui entraîne un manque d’épanouissement personnel. Pour lui au final de toute façon dans les cités il y aura toujours des conflits, policiers armés ou non.
Mais il est catégorique, il ne fera pas de textes pour passer un message dans la campagne présidentielle, il se tient à distance de la politique. Pour lui la musique comme message à destination du politique est une perte de temps. Le message étant suivi d’un non-retour. Cependant ça ne marque pas un désintérêt pour autant, il a ses solutions pour faire face aux difficultés de logements.

L’entretien devait s’arrêter là, mais c’était sans compter sur une relance footballistique de nos deux journalistes amateurs de ballon rond. Et quand il s’agit de parler foot, Sefyu a des choses à dire, ventant notamment les qualités humaines de celui qu’il a pu côtoyer dans le club londonien, le meilleur entraîneur français de l’année 2010, Arsène Wenger. Au programme de la discussion également, le rendement de Robin Van Persie, le digne successeur de Thierry Henry à la pointe de l’attaque des Gunners, la patte Rémi Garde disciple de Wenger à la tête de l’équipe lyonnaise ou encore de la simplicité de Franck Ribéry, le joueur qui est actuellement en froid avec le public français.

Pour finir petit passage obligé vers notre photographe professionnel pour une petite séance de shooting sous la pluie.

Arrive le moment de se quitter, toujours dans la bonne humeur. Le rappeur sera en tournée à partir de l’année prochaine, avec bien évidemment un passage par la ville des lumières. Free-Landz et 69Flow seront de la partie.

Pierre Gerbeaud

Plus de photos : www.flickr.com/photos/dilizign/
Remerciements à l’Original et à Delphine.


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