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Every Dayz, le beatmaker qui veut « créer un nouveau genre musical »

Rencontre avec Every Dayz, beatmaker qui vit à Lyon depuis quelques années.

Crédit photo : Marie Vinegar http://marievinegar.com/

Fort de son succès avec Némir, dans son autre ville de coeur Perpignan, il a réussi à faire « poser » Black Milk, un des plus grand rappeur actuellement, sur une de ses production. Il vient de sortir le premier volume d’Etudes et brouillons, qu’il aime qualifier de «  compilation de [s]on travail au quotidien ». Un article avec de nombreux liens qui vous permettront de plonger dans son univers.

Il a à peine 24 ans, mais il a déjà connu une forme de consécration. « Black Milk faisait une tournée en Europe, raconte Every Dayz. Nous avons réussi à l’arrêter à Perpignan. Il a été très surpris par la qualité de ce qu’on a proposé ! Avec Daru Jones, ils ont kiffé et Black Milk a posé sur ma compo, que vous pouvez retrouver sur mon EP Prélude. »

Ses débuts

Mais reprenons par le commencement… Né à la fin de années 80 en Russie, aux abords de la Volga, Ilia Koutchoukov, aka Every Dayz arrive en France à Perpignan, début 1990. Ses premiers pas dans le hip-hop, il les fait par l’intermédiaire de la danse : le break. Puis il prend des cours dans une structure. « Némir donnait des cours d’écriture, explique Ilia, c’est là que je l’ai rencontré, avec toute la clique. C’est à ce moment que j’ai commencé à faire de la prod, il y a 5 ans ».

Si aujourd’hui son style est difficilement identifiable, au début, il cherche un son stictement hip-hop :  « Au départ, j’ai cherché à faire du Dj Premier, du Jay Dee. Paradoxalement, je faisais moins de complexes sur mon son que maintenant. » Il connait rapidement un succès local, puisqu’il enchaine les scènes, en 1ère partie de rappeurs français prestigieux, comme Orelsan ou Sefyu, ce qui lui a permi de rencontrer du monde et d’élargir son carnet d’adresse.

Crédit photo : Marie Vinegar http://marievinegar.com/

Le rap français

Comme tout musicien, Every Dayz est avant tout un mélomane, un grand consommateur de musique, avec de nombreuses références : « Les groupes qui m’ont vraiment marqué, c’est X-Men, Lunatic, Booba, ou Tryptik. J’aime vraiment cette « école » ». Passionné par le hip-hop, il a pourtant été exaspéré par les 10 dernières années et souhaite aujourd’hui faire avancer le son, partir à la recherche de nouvelles sonorités :

« J’ai fait pas mal d’aller-retour vers le rap. Il y a aujourd’hui un renouveau, après les années 2000 et son revival à la noix. Ce qui m’intéresse, c’est de faire quelque chose de nouveau, de créer un nouveau genre musical. »

Son style

Très variée, sa musique comporte de beaucoup de compositions, mais aussi beaucoup de samples. Il saupoudre ses morceaux d’échantillons tirés de musiques extrêmement diverses, avec des sons des années 90 (Sade, Is it a crime), électroniques (Télépopmusik, Just breathe), rocks (Janis Joplin, Summertime) ou divers (Serge Gainsbourg, Good bye Emmanuelle, Jackie Quartz, juste une mise au point)… Quand on joue à reconnaitre ses samples, on peut rapidement se rendre compte de l’étendu de son panel musical. « Certaines personnes qualifient mon style d’abstract hip-hop, mais je n’aime pas ça. Disons que mon style, c’est celui défendu par le blog Stereotree et des artistes comme Tayreeb, Ikaz, James Legalize, Jimmy Whoo (beatmaker de l’Entourage), Cool Connexion, ou le label Black Elk. »


Every Dayz n’est donc plus un puriste du hip-hop, mais plutôt un musicien électronique qui produit du son sur machines et qui n’a pas de style défini, qui ne prêche pour aucune paroisse. « Je fais des styles de musique qui correspondent à mon époque » explique-t-il, tout en trouvant une raison très personnelle à cela : « Mes parents sont passionnés de musique. Rock progressif, jazz… ça ne m’a donc pas semblé incohérent de mélanger tout ça. Et puis avec l’aspect samplé du hip-hop, ça s’est fait naturellement. » Il s’est donc tourné par la suite vers d’autres atmosphères, plus cérébrales « Aujourd’hui, mes influences hip-hop sont plutôt Mad Lib, MF Doom, Def Jux (Company Flow, RJD2, Cannibal Ox, El-P, Aesop Rock, etc)… »

Lyon

C’est en étudiant qu’il débarque à Lyon: « Je suis à Lyon depuis la fac. Je suis allé en fac de philo à Lyon 2, sur les quais. La ville me plait toujours énormément. » « Au début, je n’avais pas trop de connexions. Mais je suis beaucoup sorti et j’ai découvert la musique électronique par un ami. La Plateforme, le Transbo… Il m’a amené vers autre chose, des artistes comme Jean Nippon, Para One, Ratatat, le label Brain Feeder, ou encore le label Warp. Et au niveau lyonnais, des artistes comme DangerSpitzer, VOphoniQ, ou Dawn Records ».

Pour ce qui est du hip-hop, il a déjà collaboré avec des rappeurs lyonnais : « Je connais Libre Penseur depuis l’époque de Myspace. Je kiffais bien sa musique. Sinon à Lyon, je trouve que la Ming8 Halls Starf est très forte scéniquement. J’aime bien aussi les Gourmets, Andy Kayes, Dj Duke ou Missak. »  Il a enfin composé quelques prods’ pour Les Revenants (voir l’interview du crew par 69 Flow ici).

Ilia ne sait expliquer pourquoi il n’y a pas encore eu de véritable carton de rappeur lyonnais à ce jour : « Je ne pourrais vraiment pas dire pourquoi les groupes lyonnais ne percent pas… C’est surement une question d’organisation. »

La scène

Véritable mangeur de scène, le jeune beatmaker concède que pour faire ses premières armes, avant, il acceptait « absolument tout ». Plus sollicité aujourd’hui, il a apprécié de monter sur la scène du Transbo, pour les Echos Sonores, ou du Marché Gare pour les Nuits Sonores.

Des dates à Perpignan et à Lyon principalement, mais ses beats commencent à s’exporter. Il énumère quelques rendez-vous qui l’ont marqué : « J’ai joué un peu dans toute l’Europe : au Moulin Rouge (Paris), en Belgique, en Allemagne, à Berlin (Amor and psyché, AP créatif), etc ». Une exposition que lui a permis le tremplin BuzzBooster : « J’ai commencé à me professionnaliser il y a trois ans, après notre victoire avec Némir au BuzzBooster. Notre visibilité a changé et nous avons eu plus de dates. » Il commence d’ailleurs a changer son jeu de scène, à évoluer : « Avant, je préparais pas mal mes scènes. Mais aujourd’hui je préfère improviser. Je m’amuse plus comme ça et mon jeu est moins statique. »

Un artiste visionaire et protéiforme dont les évolutions sont à suivre par tous les passionnés de hip-hop ou d’électro, et par tous ceux qui aiment voir émerger de nouveaux genres musicaux.

Sylvain Ortega

Every Days en quelques points

Le matériel

Un ordinateur, un contrôleur midi MPD

Les vidéos

Ses sons ont notamment été clippés par un jeune réalisateur lyonnais de talent, Valentin Petit.


Son actualité

• Il sera le 19/07 au Transbordeur.

• Plusieurs volumes d’Etudes et brouillons

• Son prochain album s’intitulera Orphelin et il sortira en septembre.

• La bande origininale de la série Les lascars : http://www.canalplus.fr/c-series/pid4442-c-ministe-lascars.html

Ses liens

http://soundcloud.com/musicforeverydayz

http://ilia-everydayz-elitch.tumblr.com/

http://www.blackelkrecordings.com/

http://everydayz.bandcamp.com/album/everydayz-summer-tape

Retrouvez aussi cet article sur Free-Landz !

www.free-landz.fr

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